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Bourgeoise-Bohême.over-blog.com

Sans liberté de créer et de blâmer, il n'est guère d'Eloge flatteur.Ce blog héberge les textes et photos vintage de Bourgeoise Bohême Creative common License:Le contenu de ce blog n'est pas libre de droit. Il est possible de le partager à condition d'en citer sa source. Pour toutes questions supplémentaires concernant son utilisation merci de me contacter par mail: agnesGlapeste@yahoo.fr ou sur twitter @BourgeBoheme ou sur #OccupyLaPlage

Poliak Off!

Publié le 18 Octobre 2013 par DPDP Des Planches Des Palmes in Poliakoff, Donald

Poliak Off!
Poliak Off!
A l'inauguration de l'exposition Poliakoff au Musée d'Art Moderne, je ne fais point de cinéma dans la file d'attente interminable.
Il y a mon fidèle chevalier servant qui me harangue sur les marches monumentales du Musée en vociférant des mots en américain de là-bas, il dit qu'il préférerait voir une expo de super héros et mater des super héroïnes en vrai, plutôt que de se farcir des recherches abouties sur la couleur et la matière qui demeureront abstraites et sans saveur marmonne-t-il entre ses dents qu'il a si petites et élégantes.
Poliakoff lui dis-je dans un russe approximatif, c'est très bien pour vous cultiver Donald, cher serviteur, au lieu que de vous "obséder" pour vos héroïnes préférées de BD americano-plastifiantes!
Il boude et je me le coltine avec ses reproches pendant tout Poliakoff dont il ne saisit pas un traitre mot!
Perchée sur des plateformes shoes et vêtue d'une grande cape noire je traverse les salles d'un pas alerte, flanquée de Donald qui furette derrière et slalome entre les visiteurs un peu zigue aux entournures!
Dieu qu'il est grand et imposant Donald! Il faudrait le statufier ici sur place et le laisser en plan dans le hall du Musée d'art moderne, je pense dans un soupir gracile!
Nous passons devant la robe Mondrian Poliakoff (justement) et je m'en voudrais de contrarier un Ministre du Redressement productif, en affirmant que la robe Saint-Laurent Mondrian est plus séduisante que la petite Courrèges.
Après on arrive à la fin de l'expo, il y a des gens agglutinés sur une estrade, globalement compassés, fixant un film sur Poliakoff.Donald et moi, nous nous asseyons sagement, il dit: "Madame je tressaille enfin car la peinture du silence, c'est Poliakoff et toutes ces formes colorées assaillent mon imaginaire brumeux". "Oui mon bon, lui dis-je, vous voilà déniaisé enfin sur cette estrade!".
Puis Donald et moi regagnons le grand hall et descendons à la bibliothèque où il se paye quelques livres de son âge.
Sur l'esplanade des gens un peu hype se précipitent à une soirée branchée dans une salle attenante, et les rayons d'une boule à facettes projettent un halo clignotant sur le marbre des colonnades hautes.
C'est le off de Poliakoff, je pense en regardant Donald dans la pénombre dont l'ombre soudain gigantesque se détache devant une Tour Eiffel clignotante.
Poliakoff a commencé à accompagner une jolie chanteuse Tsigane en arrivant à Paris.
La vie bariolée est toujours infiniment séduisante.
Ça devait être un peu cela la Mitteleuropa.
D'ailleurs les nazis fascistes d'extrême droite haissaient les tsiganes et la peinture abstraite.Ils étaient trop violents et incultes pour comprendre ce monde là, plein d'étrangeté sereine.
Allons nous restaurer Donald dis-je, il est grand temps!
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